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Riadh ALIMI, fondateur de FINFROG

Une interview exclusive de Meriem JAMMALI

FCB : Vous êtes fondateur de FINFROG.  Qui êtes-vous Riadh ALIMI ? Et quel est votre parcours ?

Riadh ALIMI : Ingénieur de formation, j’ai étudié à Centrale et Harvard, et ai passé plus de 10 ans chez McKinsey, en charge des practices Consumer Lending pour l’Europe et Fintech pour la France. J’ai notamment conseillé le gouvernement français, les Directions Générales de grandes banques européennes ainsi que des pays émergents.

FCB : Comment est née l’idée de créer FINFROG ?

Riadh ALIMI : Au départ de l’aventure FINFROG, il y a 5 ans, un constat simple : 10 millions de Français, soit un quart de la population active, se retrouve à découvert tous les mois. En l’absence de solutions alternatives, ces Français voient s’évaporer tous les ans l’équivalent d’un demi-mois de salaire en agios, commissions d’intervention et autres… Plusieurs raisons historiques à cela : les acteurs institutionnels ne savent pas (ou ne veulent pas) “dépanner” leurs clients de petites sommes, et mettent de côté une certaine frange de la population. Ainsi, freelances, CDD, intérimaires, ou encore étudiants se retrouvent plus ou moins exclus de l’accès au crédit.

Face à ces biais historiques, FINFROG propose un microcrédit 10 fois moins cher que le découvert bancaire et se positionne ainsi en véritable alternative responsable au découvert ou encore aux pratiques de revolving (crédit renouvelable).

FCB : En découvrant FINFROG, j’ai cru qu’il s’agissait de la combinaison de Fintech et de Frog : grenouille en anglais pour faire référence à l’origine française de la Start-up. Cependant, j’ai découvert au fil de mes recherches qu’il s’agit d’une autre référence. Pouvez-vous m’expliquer la signification du nom ? 

Riadh ALIMI : Le nom FINFROG vient en effet des origines françaises de cette entreprise fintech. Frog (grenouille) étant l’un des surnoms donnés aux français par les anglais.

FCB : En quoi consiste l’offre ou les offres de FINFROG ? Et quels sont les profils de vos clients ?

Riadh ALIMI : FINFROG permet à des particuliers d’emprunter entre 100€ et 600€ en ligne, en 24h, pour financer un projet (professionnel ou personnel) ou faire face à un imprévu. Les montants sont à rembourser en 3, 4 ou 6 mensualités.

L’offre séduit des clients avec des profils très variés : étudiants ayant besoin de financer leur permis de conduire ou de s’acheter du matériel, actifs ayant besoin de réparer un véhicule en urgence ou d’emprunter pour rénover ou aménager leur logement.

FINFROG est également plébiscitée par une cible de travailleurs indépendants et d’intérimaires, et a notamment noué des partenariats avec des plateformes tels que UBER EATS, FRICHTI, BRIGAD, SIDE, IZIWORK ou encore GOJOB, qui proposent l’offre de microcrédit FINFROG à leurs auto-entrepreneurs et intérimaires. FINFROG collabore également avec des géants tels AMAZON, en intégrant des offres de crédit à taux zéro dans le parcours client.

FCB : Vos offres de prêts sont-elles accessibles aux personnes qui sont fichées à la Banque de France ou celles qui bénéficient d’un plan de surendettement ?

Riadh ALIMI : Nous encourageons une approche responsable du crédit et luttons activement contre le surendettement en lien avec nos partenaires (Crédit Municipal, et ADIE), donc par défaut les personnes concernées n’auront pas accès à nos offres de prêts. Mais il peut aussi nous arriver de traiter au cas par cas certains dossiers complexes. En effet, ces mêmes associations nous contactent de temps en temps pour solliciter notre aide sur des dossiers particuliers de personnes fichées à la banque de France. Rappelons que la durée maximale de fichage peut être de 5 ou 7 ans, et que la personne concernée peut tout à fait parvenir à redresser la barre de ses finances avant la fin de ce cycle.

FCB : Pouvez-vous me décrire le parcours du client qui sollicite un microcrédit chez FINFROG ? 

Riadh ALIMI : Un client qui sollicite un microcrédit chez FINFROG doit se munir de ses identifiants bancaires et de sa carte d’identité. Il passe ensuite par plusieurs étapes très rapides :

  1. Choix du montant et de la durée du crédit : montant du crédit compris entre 100 et 600 euros, modalités de remboursement en 3, 4 ou 6 mois.
  2. Saisie de ses identifiants bancaires : les données bancaires sont cryptées et traitées par Budget Insight, société française spécialisée dans le traitement sécurisé des données bancaires. Elles permettent à FINFROG de visualiser l’historique et d’évaluer le dossier.
  3. Saisie de sa carte bancaire : les remboursements des prêts se font automatiquement via la carte bancaire de l’emprunteur.
  4. Photo de la carte d’identité: pour des raisons réglementaires, FINFROG est tenu de vérifier l’identité de ses clients.
  5. Une fois la demande finalisée, le client reçoit une réponse en moins de 24 heures ouvrées.
  6. Une fois son dossier complété, le client reçoit les fonds dans un délai de 24 heures ouvrées.

FCB : Le client vous communique les accès à son compte bancaire afin d’accéder à ses trois derniers relevés bancaires. Quels sont vos critères d’acceptation ou de refus ?

Riadh ALIMI : L’entreprise a investi 4 ans en recherche et développement pour mettre au point ses propres technologies de scoring basées sur l’intelligence artificielle, permettant d’apporter à ses clients un service rapide, fiable, et accessible au plus grand nombre. Seule la capacité de remboursement est étudiée dans l’analyse du dossier. L’entreprise n’émet pas de jugement sur la nature des dépenses et évalue uniquement la capacité de remboursement.

FCB : FINFROG est un Intermédiaire en Financement Participatif, je suppose que vous avez des partenariats également avec des organismes bancaires ou vos financements proviennent uniquement de particuliers qui souhaitent investir ?

Riadh ALIMI : FINFROG est un intermédiaire en financement participatif enregistré à l’ORIAS et encadré par les autorités françaises (ACPR – Banque de France). Le financement est fourni par des prêteurs particuliers qui confient une partie de leur épargne à FINFROG pour le financement de projets de particuliers.

L’entreprise est soutenue par des personnalités de premier plan dans les services financiers (Denis DUVERNE, Président d’AXA ; Loïc FERY, fondateur de CHENAVARI) et par le fonds RAISE VENTURES connu pour soutenir des projets à fort impact sociétal. L’entreprise a levé un total de 8M€.

FCB : Comment FINFROG répond-elle à une vision responsable et éthique du marché du découvert bancaire et des prêts renouvelables ?

Riadh ALIMI : FINFROG applique des critères d’octroi de crédit rigoureux, afin d’évaluer la capacité de remboursement de l’emprunteur. L’entreprise propose à ses clients des mensualités adaptées à leur situation financière (si nous considérons que le montant demandé est trop élevé, nous revenons vers eux avec une proposition alternative).

La solution FINFROG protège le particulier en refusant la contractualisation de deux prêts de façon simultanée. A chaque nouvelle demande, le dossier du client est réévalué.

Nous accompagnons les clients que nous ne finançons pas et les redirigeons vers des solutions alternatives de financement adaptées à leur situation. Nous mettons à disposition du client un support téléphonique en mesure de lui apporter des conseils.

FCB : Aujourd’hui, vous revendiquez 60 000 usagers. Quels sont vos projets futurs pour FINFROG ?  

Riadh ALIMI : L’ambition de FINFROG de redonner du pouvoir d’achat aux Français est d’autant plus prégnante en ce contexte de crise sanitaire, économique et sociale. L’entreprise a ainsi adapté son offre en 2020 (en faisant notamment évoluer la durée des emprunts) et accompagné plus de 100 000 clients depuis son lancement il y a 5 ans. Au total, FINFROG a ainsi vu son activité tripler en 2020. En 2021, riche d’une équipe de 20 professionnels, FINFROG se prépare à de nouveaux challenges.

Le produit, et notamment l’application mobile, se refait une beauté avec de nouvelles fonctionnalités destinées à aller plus loin dans l’engagement de FINFROG contre le surendettement (modules de gestion budgétaire, alertes à l’approche du découvert etc.)

La fintech a également des ambitions internationales, et a identifié l’Europe du Sud comme un marché porteur pour son innovation.


L’avis de FRANCE CONSO BANQUE :

LES +

  • Offre articulée vers des publics habituellement délaissés par les banques traditionnelles (intérimaires, autoentrepreneurs, étudiants),
  • Process en ligne fluide et rapide,
  • Dispositif favorable à l’économie locale et bénéficiant à l’économie réelle.

Les –

  • Montant limité du concours bien en deçà des seuils usuels en matière de micro-crédit,
  • Critères d’acceptation opaques,
  • Logique des taux pratiqués ?

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