0 892 492 555 (0.50€/mn)

C’est la question iconoclaste à laquelle s’est efforcée de répondre la Banque Centrale Européenne (BCE), nouvelle entité régulatrice des principales banques présentant un « risque systémique ».

Pour ce faire, la BCE a mis au point une série de « stress tests » qu’elle a soumis à 130 banques de la zone Euro avec l’aide de pas moins 6000 auditeurs !

Pour faire simple, disons que les « stress tests » correspondent à différents scénarios de crise avec à la clé les répercussions d’un scénario de crise donné sur le niveau des taux d’intérêt, l’augmentation des créances douteuses, l’impact sur les fonds propres etc.

Au final, 25 banques (sur 130) n’auraient pas réussi l’épreuve des « stress tests » tels qu’imaginés par la Banque Centrale. Officiellement, les banques françaises ne  s’en tirent pas trop mal, aucune de nos grandes banques n’étant recalée.

Tout cela est-il bien sérieux ?

Une question qu’on peut légitimement se poser après la « farce » des précédents « stress tests » de 2010.

Si la BCE n’a pas lésiné sur les moyens mis en œuvre, on s’étonne, au plan technique, de la légèreté des scénarios retenus. Ont été ainsi écartés l’impact et les conséquences d’une déflation sur les bilans bancaires, soit le principal risque actuel. De la même manière, on a fermé pudiquement les yeux sur les conséquences d’une restructuration de dette étatique considérant que le risque était nul ! Une position difficilement défendable après « l’épisode grec ». Une position et un a priori qui ont également une incidence fâcheuse au plan macroéconomique : au lieu de prêter à « l’économie réelle », les banques se gavent d’emprunts d’Etats ; la Banque Postale a ainsi investi 6 fois ses fonds propres en « dette souveraine » ! Et les autres banques ne sont pas en reste.

Dans la même veine, on a soigneusement limité l’impact d’une hausse des taux et donc superbement ignoré les conséquences d’un « krach obligataire » un risque loin d’être théorique.

Enfin dernière critique et non des moindres, les scénarios explorés semblent ignorer les répercussions en chaine et les risques de contagion liés en cas de crise d’un établissement bancaire donné ou d’un Etat en particulier. Ainsi, même si on considère la relative bonne santé des banques françaises, qu’adviendrait-il en cas de crise en Italie ou leur exposition financière se chiffrerait en centaine de milliards d’euros ?

Au final, le principal intérêt de ces « stress tests » est de faire réfléchir à la pertinence des « règles de Bâle » qui attribuent un risque nul aux dettes étatiques par rapport à une autre approche possible centrée sur le levier des fonds propres prenant en compte l’ensemble des engagements d’un établissement bancaire.