La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a sanctionné six banques françaises à hauteur de 2,8 millions d’euros, notamment pour avoir facturé des frais excessifs lors des paiements par carte bancaire. Mais à en croire Michel Guillaud, le président de l’association France Conso Banque, “ce n’est qu’une pratique parmi tant d’autres et ce n’est peut-être pas la pire”. Il existe des pratiques bancaires “connues” comme les commissions d’interchange sur chèques qui ont fait l’objet d’une plainte de la Fédération du Commerce et de la Distribution en 2009, “d’autres inconnues et celles pour lesquelles on peut avoir un doute raisonnable” selon Michel Guillaud qui estime par ailleurs que “la traque aux abus bancaires est de plus en plus difficile”.

Au regard de certains exemples comme la commission d’intervention à hauteur de 8 euros, le président de l’association de consommateurs se dit en effet consterné et étonné de voir entre les banques “la convergence de certaines politiques de prix par rapport à des gammes de services précis” comme les frais de retrait dans les distributeurs d’autres banques qui oscillent entre 0,90 et 1 euro. Ces pratiques alimentent “une suspicion d’entente stratégique” entre les banques. Aucune preuve n’existe mais selon France Conso Banque, il pourrait s’agir d’une « manœuvre des banques traditionnelles contre les banques en ligne”. En effet, le marché bancaire est “un marché oligopolistique où seules six banques réalisent 80 à 90% des activités » et où il est donc “plus facile de s’entendre”, juge Michel Guillaud.

En parallèle, ce dernier affirme que “les banques sont aidées par le contexte économique et le gouvernement”. Pour lui, les mandatures précédentes ont fait du secteur bancaire un secteur stratégique qui “a tendance à fermer les yeux sur certaines pratiques”. Ainsi, la crise de 2008 aurait marqué le début d’une “explosion des mauvaises pratiques bancaires” que “les gouvernements et le système judiciaire laissent passer pour la bonne cause macroéconomique et macro financière”. Pour le président de France Conso Banque, le secteur bancaire est aujourd’hui “illisible, complexe et ambigu” et “il faudrait le réformer ».

Les banques peuvent-elles évoluer vers plus de transparence vis-à-vis de leurs clients ? Pour Michel Guillaud, qui a vu passer des centaines de dossiers de litiges, le “jusqu’au boutisme juridique des banques” leur évite de se remettre en cause. D’autant que les banques savent qu’une bonne part des plaignants n’ira pas au bout, si bien qu’elles demeurent “dans une logique de course d’obstacles où si vous ne faites pas une procédure, vous n’aurez rien”, regrette Michel Guillaud.